Pérou: de Lima au Matchu Pitchu.

J1 : Départ de Viña del Mar à 20h30 pour arriver à l'aéroport de Santiago à 22h30. Le hall se vide peu à peu et je m'endors dans ce désert d'acier gris et froid.

 

Check in express à 4h et c'est parti pour 3h30 de vol vers le pays des incas ! Malheureusement les cimes de la cordillères des andes n'atteignent pas le plafond nuageux laissant à notre vue une mer cotonneuse éblouissante.

 

J2 : Taxi officiel (la sécurité avant tout) en direction du centre ville pour reprendre la route en bus à destination de Pisco à 3h de route au sud de Lima. Le paysage est vallonnée de dune sablonneuse coloré par endroit de semblants d'oasis et parsemés de petits villages blancs dénudés.

 

Rencontre avec un péruvien travaillant dans un hôtel à Pisco et délicate proposition de l'accompagner au centre ville en collectivo (taxi collectif) une fois déposé au bord de la grande route Panaméricaine. Le trajet de 5km est authentique à 5 dans un pot de yaourt recouvert de fourrure rouge où résonne des aires de régéton le tout pour un prix dérisoire (0,5€). A peine le temps de poser le pied sur la Place des Armes que 3 agences dont déjà en train de se battre pour me proposer une excursion sur les iles. Malheureusement pour eux, j'ai déjà en tête de me diriger une fois rassasié vers Paracas, petit port de pêche à 17km de Pisco, bien plus charmant et loin de la frénésie touristique. Agréable déjeuner composé d'un avocat garni de légume et d'une escalope milanaise pour 2 € (boisson incluse !). Arrivé en fin de journée, je visite le petit port de Paracas. Le soleil vient tout juste de se coucher, les vaguelettes bercent dans un clapotis silencieux les barques alors roses pastelles.

 

Au restaurant ; recommandé par l'hôtel El Amigo, je déguste une délicieuse sole à la Plancha. En revanche les crudités ne se révèleront pas aussi gouteuse et me tiendront éveillé une bonne partie de la nuit…

 

J3 : Levé à 5h30 du matin et départ à 6h aux iles Ballistas avec 2 autres bateaux soit au total 120 personnes. Le capitaine me révèle que ce nombre atteindra 320 personnes à 8h avec le départ de 8 bateaux. Il se souvient avec nostalgie des années 70 où il n'y avait que 2 agences à Pisco (une vingtaine aujourd'hui) et que Paracas n'était qu'une ferme. Le petit port a pourtant gardé un certain charme qu'il ne perd qu'à 8h quand les cars déversent le flot de touristes. A l'époque les petites barques qui allaient aux îles mettaient 1h30 et les passagers y accostaient pour une heure de visite avant de rentrer à Pisco. Aujourd'hui les modernes bateaux à moteur ne mettent qu'une demie heure et il est interdit d'accoster par soucis de préservation de l'habitat animaliers ce qui rend l'excursion deux fois plus rapide (gain de productivité oblige…).

Une fois de plus le soleil ne se montrera pas, les dauphins non plus par la même occasion. Sur le trajet nous nous arrêtons pour prendre en photo un chandelier géant qui aurait été creusé dans la colline désertique par des extraterrestres (on croit vraiment tout quand on est touriste !).

 

Les iles sont plus impressionnantes que celles déjà visitées à la Séréna au Chili avec ses grandes falaises abruptes qui débordent de colonies d'oiseaux qui les recouvrent de guano. Nous contemplons des grottes géantes de formes étonnantes creusées par la mer ainsi que les familles de pingouins et de lion de mer peuplant les lieux.

 

Nous passons devant quelques vestiges en bois datant du temps de l'exploitation du guano et devant la maison du gardien de l'ile qui y vit à l'année que nous rencontrerons d'ailleurs un peu plus tard pêchant sur une barque.

 

De retour à Pisco direction ICA puis Huacachina, oasis perdue au milieu du désert qui abrite une lagune. Très touristique, le lieu est le point de départ pour les excursions Sandsurfing en Buggy à travers les dunes. Lieu reste tout de même magique et est idéal pour se reposer avant les 10h de bus de nuit qui m'attendent.

 

Le buggy dans le désert restera un grand moment du voyage : dévaler à toute vitesse verticalement les immenses dunes à travers une étendue de sable fin. Une fois arrivé au sommet de l'une d'elles la descente de la dune se fait en planche de bois tantôt debout, tantôt couché sur le ventre. Dans tous les cas, on finit recouvert de sable en fin de journée…

De retour à ICA c'est avec grand soulagement que je retrouve Malou, une amie belge qui me rejoins, une fois, assise au siège que je lui avais réservé.

 

J4 : nous arrivons à Arequipa à 7h du matin à 2 300 mètres d'altitude. Nous nous rendons directement à l'hôtel où un accueil chaleureux nous attend ainsi qu'une chambre confortable pour seulement 10$ ! A deux pas de notre hôtel se trouve la très belle Place des Armes dominée par la cathédrale et entourée de grandes demeurent coloniales qui la contemplent depuis ses balcons voutés et fièrement habillée de grands palmiers s'élevant jusqu'au ciel bleu éclatant.

 

Nous prenons notre petit déjeuner (jus d'orange frais, pain, chocolat chaud et confiture maison) à l'un des balcons, enchantés par la vue imprenable sur la place des armes et le climat au combien clément.

 

Nous choisissons ensuite rapidement notre agence pour l'excursion du lendemain au canyon de Colca afin de profiter de la beauté et des secrets d'Arequipa le reste de la journée. Nous commençons par le musée des sanctuaires andins pour nous cultiver sur la civilisation inca. C'est en effet dans les hauteurs des volcans environs qu'ont été découverts des corps d'enfants sacrifiés il y a de cela 500 ans. La visite commence par un film de 20 minutes relatant l'expédition de l'archéologue américain Johan Reinbard en 1995 au sommet du volcan Ampato (6 300 m) et la découverte de Juanita, une jeune file inca de 14 ans sacrifiée et en parfait état de conservation enveloppée dans son manteau de glace. Le film reproduit également la procession du sacrifice de la jeune fille montée à pied accompagné des prêtres et vêtue d'amples et chauds vêtements de lama et de petites sandalettes en cuire. Transie de froid et engourdie par la chicha (bière fermentée à base de mais), Juanita fut déposée sur le dos et s'éteint assommée par le coup fatal du prêtre donné par une canne disposant d'une pierre à son extrémité.

Nous avons ensuite la surprise et le plaisir de visiter le musée avec une jeune française actuellement en stage touristique. Grâce à ses explications pertinentes, les reliques incas nous racontent leur histoire et nous plongent au cœur de cette civilisation communautaire étonnante et respectueuse de la grande dame nature (la Pacha Mama). Quand une catastrophe naturelle surgissait (environ tous les 5-7 ans), les incas procédaient à des sacrifices d'enfants choisis dès leur naissance par les plus beaux de la noblesse et élevés dans les meilleurs conditions par les prêtres afin d'être conditionnés pour leur terrible destinée. C'était alors un grand honneur pour leur famille et leur promettait un avenir radieux dans l'haut delà. La procession de Juanité dura 2 mois depuis le Nord du Pérou où elle vivait jusqu'au sommet du volcan Ampato en passant par Cuzco, le centre de la civilisation Inca. La visite s'achève par l'exposition de Juanita dans un cube vitré et frigorifié où l'on peu admirer l'enfant prêt à se réveiller et recroquevillé en position fœtale pour renaitre avec les dieux.

Nous nous dirigeons ensuite au monastère Santa Calina véritable ville dans la ville.


Nous sommes accompagnés par un guide, local cette fois, pour nous présenter les mystères de ce couvent. Fondé en 1580 par Maria Guzman, riche veuve catholique, le monastère accueillait les jeunes filles de riches familles espagnoles destinées à être nones. Cependant au lieu de vivre dans le dénuement et l'isolement religieux, elles bénéficiaient d'un traitement de faveur des plus luxueux : appartements spacieux, confortables et richement décorés, servantes à leur service et activités des plus plaisantes comme musique ou peintures selon leurs souhaits.


 Nous nous perdons dans les rues fleuries du monastère et colorées par les appartements bleus et rouges des nones privilégiées qui apportaient d'Espagne à leur arrivée  une dote conséquence ainsi que leurs affaires personnelles. Elles vivaient à deux ou 3 pour ne pas sentir la solitude.

 

Ce rythme de vie prit fin en 1 871 après un concile qui agita toute l'église jusqu'au fin fond du Pérou. Le pape envoya une sœur au monastère pour y remettre de l'ordre. Cette dernière renvoya chez elles les nones hédoniques, libéra leurs servantes assouvies en esclave et imposa de nouvelles règles pieuses au monastère. Aujourd'hui il reste 30 sœurs qui vivent en communauté et vendent leurs produits artisanaux. Elles sont autorisées à sortit en ville et confient la gestion du monastère à une entreprise privée qui assure la restauration du site et loue parfois le lieu à l'occasion de mariages ou de séminaires d'entreprise.

Nous passons ensuite l'après-midi à Yanahuara où nous déjeunons dans une pension familiale pour moins d'un euro. Nous visitons ensuite une église construit en pierre volcanique en 1 780 et dédiée au culte de la vierge Marie.

 

Nous profitons du mirador pour admirer Arequipa reposant au pied de l'imposant volcan Misti (5 800m) trônant de sa forme parfaitement triangulaire.

 

J5 : Johnny, le guide de l'excursion que nous avons réservée la veille, passe nous prendre à 8h à notre hôtel en mini bus Peugeot où attendaient déjà 10 autres touristes espagnols, anglais et chilien. Au vue de la forte présence européenne et au grand dame du vieux couple péruvien, l'excursion sera dispensée en anglais… Sur la route de Chivay, petit village à mi-chemin entre Arequipa et le canyon de Colca, Johanny nous donne de nombreuses informations sur Arequipa et sa région riche et dynamique et comptant 1,14 millions d'habitants. L'activité principale est l'extraction minière et le tourisme. Le désir d'indépendance des habitants se manifeste par leur rejet politique des décisions prises par le gouvernement de Lima qu'ils expriment régulièrement sur le Place des Armes. Ils ont même crée symboliquement un passeport pour Arequipa ! Nous traversons de pauvres village où les habitants viennent tous les jours à 6h du matin à la place des Armes chercher du travail. Nous montons ensuite progressivement sur l'Altiplano jusqu'à 4 900 mètres au point culminant. L'air est rare, les paysages de plainent rocailleuses s'étendent à perte de vue et l'horizon se délimite par la ligne irrégulière des imposants volcans.

 

Malheureusement pour Malou le mal de l'altitude la surprend : violent maux de tête et douleurs d'estomac qui ne la quitteront pas jusqu'à notre retour à Arequipa. Arrivée à Chivay nous déjeunons dans un restaurant touristique et je laisse Malou se reposer à l'hôtel avant de partit à pied aux eaux thermales. Je longe la vallée dorée du soleil léchant les montagnes et des champs de blés bordant la rivière.

 

Je passe une heure dans les eaux thermales à 40°c dans un complexe composé de piscines à l'air libre et de petits bassins. De retour à Chivay, toujours à pied mais cette fois gelé par le vent glacé des montagnes à la nuit tombée, nous dégustons pour la première fois de la viande d'alpaga (lama domestique) : un vrai régal !

 

J6 : Réveil à 5h du matin pour partir à 6h en direction de Cruz del Condor qui au sommet du canyon de Colca qui atteint à cet endroit 3 400 mètres de profondeur ce qui en fait le canyon le plus profond au monde derrière le Grand Canyon du Colorado (3 500 m). Nous nous arrêtons en route au petit village andin de Yankee où les enfants dansent en habit traditionnel au centre de la place pour se faire un  peu d'argent avant d'aller à l'école.

 

Très touristique nous sommes abordés par des locaux à la recherche de pourboires en échange d'une photo prise avec un lama habillé comme une poupée ou d'un oiseau de proie capturé à cet effet. C'est l'inconvénient des excursions touristiques où le spectacle artificiel l'emporte sur l'authenticité. Nous reprenons notre route vers le canyon de Colca surplombant la magnifique vallée ensoleillée où les habitants cultives sur les terrasses incas fruits, légumes et céréales. A 8h10 nous arrivons à Cruz del Condor et nous postons dans l'espoir de voir de près quelques uns des grands condors qui peuplent les lieux.

Au bout d'une demie-heure nous commençons à douter de notre chance. Nous savons que la plus forte probabilité de les voir est entre 8h30 et 9h où les condors, une des espèces des vautours, profitent des courants d'air chauds matinaux pour survoler le canyon à la recherche d'animaux morts. Soudain, dans une ponctualité étonnante, une famille de vautour fait son apparition à 8H45 et nous offre un incroyable ballet majestueux de cercles réguliers. Ils passent parfois à moins d'un mètre de nos tête nous laissant entendre le bruissement de leurs ailes atteignant jusqu'à 3 mètres d'envergures. Nous verrons de près une quinzaine de condors.

 

Le spectacle se termine à 9h dans la même ponctualité et nous partons pour une marche d'une heure le long du canyon. Les barres rocheuses se jettent à la verticale formant un précipice vertigineux sur plus de 120 km. Johnny nous montre la Quentuta, petite fleure en clochette et de couleur violette, véritable fleur nationale du Pérou depuis les incas que l'on accroche sur sa porte en signe de bienvenue ou qui compose les colliers lors des cérémonie de mariage. Notre guide nous montre également le fruit du cactus et nous fait gouter son amer saveur. Le soir nous prenons un bus de nuit pour Puno, ville bordant le lac Titicaca. Nous choisissons la compagnie Orméñio réputée pour sa ponctualité et son confort afin d'arriver en forme de bon matin où nous attendra notre guide locale. Il ne sera rien de tout cela : le départ fixé à 1h du matin ne se fera qu' 3h et le vieux bus qui nous transporte est aussi confortable qu'un réfrigérateur et se fait doublé par les camions…

 

J7 : Heureusement arrivé à Puno Olga, notre guide, nous attend et nous trouve immédiatement un bateau pour les iles flottantes ; la journée est sauvée !

A 4 000 mètres d'altitude le lac Titicaca s'apparente à une mer bleu azure calme et majestueuse. Notre petite embarcation s'enfonce dans le lac et nous mène après 20 minutes aux iles flottantes d'Uros. Ces iles artificielles sont faites avec les racines compactées des roseaux poussant dans le lac et ont une épaisseur de 3 mètres. A cause de notre retard nous n'y passerons que 10 minutes sans grand regret tant l'authenticité n'a plus lieu d'être. Les huttes de paille ne sont qu'un décor touristique à la Disneyland.

 

Nous reprenons notre route sur le lac Titicaca vers Amantani, l'ile sur laquelle vit la famille d'Olga et chez qui nous allons passer la nuit. Nous naviguons pendant près de 3h sur cet immense lac bleu traversant deux grandes péninsules.

 

Une fois accostés à Amantani nous sommes tout de suite envoutés par la magie de l'ile et de ses habitants. A 4 000 mètres d'altitude nous gravissons non sans efforts les marches du petit chemin de pierre qui traverse l'île et nous mène jusqu'à la maison d'Olga.

 

L'eau du lac est encore plus bleue que le ciel azure et l'ile montagneuse resplendit des petites maisons fleuries accrochées sur son flanc. L'ile est divisée en deux communautés, l'une sur la partie inférieure, l'autre sur la partie supérieure. Elles vivent de manière autonome de l'agriculture, de l'exploitation de carrières de pierre et surtout du tourisme !! Il y a 4 écoles et un centre de santé. La maison d'Olga est encore plus fleurie que les autres et ses murs d'adobe (pierre séchée à base de terre) et son petit balcon en bois qui entoure un petit patio ne font que la rendre plus charmante.

 

Nous sommes accueillis par sa mère et ses deux cousines.

 

A peine le temps de poser nos affaire dans une chambre spacieuse donnant sur la mer qu'Olga nous appelle pour le déjeunons. Nous sommes attablés dans la cuisine étroite avec Olga, sa mère est fourneau et ses cousins sont assis le long du mure. Nous nous régalons d'une soupe de légume et quinua (céréal local riche en protéine) de truite, de riz, de pomme de terre, d'oca (petits tubercules sucrés), de maté de Muña (délicieuse plante médicinale) et surtout de l'extrême gentillesse et attention que nous porte les occupants. Nous savourons ce moment de partage simple magique et authentique. Olga nous explique les valeurs de son peuple descendant des incas : respect de la nature, hommage quotidien à son égard et sermons à respecter: ne pas être paresseux, ne pas mentir et ne pas voler. Sa famille parle très peu espagnol et échange en Quechua. Le temps s'arrête, les regards se croisent, les sourires bienveillants s'échangent : nous sommes dans un autre temps. Olga nous propose de faire une sieste avant de monter au sommet du mon Pacha Mama. Il est vrai que nous manquons de pas mal de sommeil suite à la nuit dans notre frigidaire ambulant : nous nous écroulons. Olga vient nous chercher à 16h30 pour notre randonnée. Malou n'étant pas encore acclimatée à l'altitude préfère refermer les yeux. Ce sera donc une randonnée de 2h que je ferai seul avec notre adorable guide. Nous montons jusqu'au sommet de l'île, traversant quelques cultures agricoles et carrières de pierre, où nous attend le soleil pour se coucher. La vue sur l'immense lac rosé est féérique. Nous apercevons au loin les deux péninsules, l'île Taquile sur laquelle nous accosterons le lendemain et nous pouvons même distinguer Puno et Juliaca scintiller au loin.

 

L'autre flanc de l'île plonge 1 000 m plus bas et les habitations laissent place à des cultures en terrasse. Nous rentrons la nuit tombée éclairé par la pleine lune (tant mieux j'avais oublié ma lampe de poche). Le diner se déroule également dans la cuisine avec la famille d'Olga dans la pénombre, éclairé à la seule lueur de la bougie et du foyer. L'ambiance est surnaturelle : nous dinons avec des ombres mais nous dinons merveilleusement bien : soupe, purée de légume confits, riz blanc et maté de munia. Avant de nous coucher nous apparaissons quelques minutes à la salle des fête assister aux danses folkloriques organisés pour les touristes habillés alors en habits traditionnels… nous nous ne attardons pas trop et allons nous coucher pour notre 1ère grande nuit de sommeil (9h).

 

J8 : Au petit matin, départ pour l'île de Taquile à 1h20 en bateau. Cette île plus touristique reste fabuleuse et les points de vue sur le lac Titicaca sont impressionnants. 3 couleurs : bleu ciel, bleu marine et mer palmier, le tout à travers de petite porte de pierre.

 

Les habitants ont conservé leurs coutumes et vivent principalement de l'artisanat. Chaque famille produit bonnets, gants, ceintures, chaussettes, pulls, sacs et chapeaux, inscrit sur chaque produit un numéro l'identifiant accompagné de son prix et le dépose au centre artisanal au sommet de l'île. Une fois vendu, l'argent est redistribué à la famille. Si les prix sont beaucoup plus élevés que dans les autres lieux péruviens, la qualité contraste avec les médiocres produits industriels se trouvant à l'identique sur les autres marchés. Le communautarisme s'étend jusqu'au restaurants tenus par plusieurs familles (3-6) qui se répartissent les recettes.

Suite à la conquête espagnole, les vêtements traditionnels intègrent certains éléments de la métropole en signe de pouvoir et pour marquer l'autorité: pantalon noir, chemisette de toréador, chapeau noir.

 

Les garçons célibataires portent des bonnets blancs avec de grands pompons arc en ciel de même que les filles en recherche de compagnon laissent traîner au bout de leur jupes noires de grands pompons. Une fois marié, les pompons rétrécissent de moitié et les bonnets s'inscrivent de motifs évoquant la vie quotidienne. Après un copieux déjeuner de poisson frais, nous quittons Taquile pour nous rendre en fin d'après-midi à Puno. Sous les conseils d'Olga nous dormons au Cricarlet sévèrement négocié à 15$ au lieu de 25$.

 

J9 : Après une bonne nuit de sommeil, nous nous rendons à Cuzco par le bus touristique First Class. L'intérêt de ce bus se trouve dans ses nombreux arrêts qui font découvrir des lieux intéressants et difficiles à visiter. Au terminal de bus, nous nous apercevons avec grand étonnement que nous serons les seuls touristes. Un bus de 50 places avec guide pour nous deux ; quel gâchi ! Le bus devant impérativement se rendre à Cuzco, nous partons dans le gigantesque véhicule malgré nos protestations pour un mini vanne plus adapté à la clientèle de ce jour…

La route de jour est magnifique, nous montons progressivement pour atteindre un pic de 4 300 m avant de quitter l'altiplano et de descendre dans la vallée jusqu'à Cuzco. Le premier arrêt nous mène à Pucaras à la rencontre de cette civilisation qui vivait il y a 400 ans avant JC. Les céramiques du musée de la ville sont parfaitement conservée et de grands monolithes dévoilent la culture de cette civilisation qui vénérait le puma (la force suprême), le poisson (cadeaux de la nature) et le crapaud (annonceur de la pluie et donc de la fertilité).

 

Les guerriers pratiquaient la décapitation et collectionnaient les têtes de leur victime exposées derrière leur dos ou en guise de collier. Nous assistons également dans ce petit village à un défilé écolier à l'occasion de l'anniversaire de Pucaras.

 

Le deuxième arrêt nous fait découvrir une citadelle inca dont les ruines sont bien conservées et en cours de réhabilitation. La citadelle est dominée par un temple immense dont il ne reste que la partie centrale construite à sa base en robustes pierres volcaniques puis en adobe.

 

Nous découvrons l'architecture inca lors de la visite des hautes maisons et greniers à grain. Nous faisons connaissance pour la première fois du chemin de l'inca traversant cette forteresse et s'étendant sur 7 000km de l'Ecuateur à Santiago du Chili. Les messagers incas l'empruntaient pour délivrer en vitesse leur précieuses informations. En fin de journée nous visitons une église du 17e siècle.

 

Notre guide nous explique que pour faciliter la conversion des populations natives, les dominicains espagnols avaient recours à certains astuces comme la construction d'églises sur les fondations des temples détruits, la transformation de la croix andine (3 étoiles alignées horizontalement tel un pont menant à l'au-delà) en croix catholique, une vierge marie habillée en habits traditionnels locaux et un christ métis crucifié dont la frappe du javelot meurtrier est ici la lance d'un conquistador espagnol. En fin de journée nous arrivons à Cuzco où un taxi nous dépose à notre hôtel. Nous dînons dans une Quinta, restaurant traditionnel, pour seulement 2 euros. 

 

J10: Nous visitons un Cuzco ensoleillé et resplendissant animé ce jour par un pompeux défilé officiel durant toute la journée.

 

Nous visitons pendant l'office la magnifique cathédrale couverte d'or et construite sur les ruines d'un palais Inca. Malheureusement comme nous sommes dimanche, la plupart des musées sont fermés. Nous nous contentons des peintures de la brillante école de Cuzco dans une jolie demeure ayant appartenu à un archevêque.

 

Nous nous perdons dans les ruelles charmantes de Cuzco souvent pavées, parsemées de maisons coloniales et de murs incas datant de 500 ans en guide de fondation.

 

Nous visitons l'après-midi Coricancha ancien site Inca recouvert d'or détruit et pillé par les espagnols pour construite la grande église de Saint Dominique Guzman fondateur de l'ordre dominicain. Les murs incas sont parfaitement préservés et laisse apparaître la technologie architecturale de cette civilisation comme par exemple l'utilisation de porte en forme de trapèze efficaces contre les tremblements de terre.

 

Le soir nous retrouvons Heiner, ami allemand rencontré en Patagonie, au restaurant avec beaucoup de plaisir et nous décidons de passer la journée ensemble avant qu'il ne parte à Arequipa.

 

J11 : Nous partons aux ruines de Pissac dans un bus local. Le site expose la technique de terrassement des incas soit dans un but agricole soit dans un but architecturale pour renforcer la contention du lieu.

 

Au dessus de la colline se trouvent les temples cérémoniaux en bon état de conservation et les bains rituels. Nous apercevons dans la montagne en face de petits trous alvéolés creusés dans la roche qui correspondent en réalité à des tombes incas.

 

Le site nous offre une vue remarquable sur la vallée sacrée : de grandes montagnes velues et vallonnées où serpentent le fleuve Urubamba. De retour à Cuzco nous nous rendons au musée de l'Inca pour deux heure de visite avec un guide fort intéressant, riche en connaissance et tout autant sympathique. Nous passons en revue l'ensemble des civilisations pré-incas de 12 000 avant JC à 600 ap JC. D'abord Nomade les hommes se sont sédentarisés sur la côte et ont domestiqué les lamas (5 000 avant JC). Le musée présente le travail des céramiques des civilisations de Nazca à Pucaras. La civilisation Inca apparaît en l'an 1 000 après JC. A l'origine l'agression de 3 peuples pacifiques qui vivaient dans la région de cuzco par les sanguinaires Warri. Une fois l'ennemi vaincu les 3 peuples purent vivre à nouveau en paix jusqu'à l'assaut d'un nouvel agresseur : les Chancas. Cette fois les 3 peuples fusionnent pour vaincre l'envahisseur et forment la civilisation Inca. Dès lors débute l'expansion de l'empire Inca ayant intégré en première ligne de leurs troupes les guerriers Chancas. L'empire s'étendra de l'Ecuateur à Santiago du Chili et prospèrera jusqu'à l'arrivée des Espagnols. Une des particularités des incas est qu'il respecte la culture des peuples conquis et leur laisse le libre droit de pratiquer leurs coutumes. Les espagnols profitèrent d'une guerre civile déchirant l'empire pour s'emparer du roi Inca et de soumettre la population affaibli par la guerre et décimée par les maladies du vieux continent.

 

J12 : Nous partons le matin à Chinchero visiter les plus belles terrasses incas baignant dans la vallée sacrée. Le vert éclate en cascade et plonge vers le doux ruisseau fertile.

 

Nous prenons ensuite un bus local qui nous dépose à un croisement où nous négocions péniblement avec un taxi un pacage incluant la visite des ruines de Moray et terminant sa course aux salines de Moras. Les ruines de Moray ne sont accessibles qu'après un chemin de terre de 15 minutes. Elles illustrent merveilleusement la technologie agricole Inca. En creusant un terrassement circulaire, les incas généraient  un climat différent par niveau ce qui leur permettait d'expérimenter leur culture et de trouver par tâtonnement le niveau idéal par semence (mais, avocat, pomme de terre, etc…).

 

Les salines ne nous déçoivent même après avoir fait le magnifique Salar d'Uyuni. Plus de 3 000 petits bassins de sel accrochés dans la montagne et alimentée par une eau ruisselante chargée en sel venue des hauteurs.

 

Dès que le bassin est sec, le sel est récolté et traité sur place en le chargeant en iode pour être propre à la consommation.

 

Nous entamons alors un treck d'une heure et demie en traversant les salines sous un soleil de plomb et en descendant dans la vallée jusqu'au fleuve Urubamba qui nourrit de grands arbres robustes et feuillus.

 

Arrivés au bord de la route, nous prenons un microbus local jusqu'à Urubamba puis un autre jusqu'à Ollantaytambo où le train Pérurail nous attend pour nous mener à Aguas Calientes (Eaux chaudes) dernier village avant de gravir la montagne du Matchu Pitchu, la citadelle incas jamais découverte par les espagnols et en phase de devenir l'une des 7 nouvelles merveilles du monde.

 

J13 : Réveil difficile à 4h30 pour être fin prêt à l'arrêt du bus qui nous montera les premiers au Matchu Pitchu à 5h30. Nous sommes parmi les premiers à entrer sur le site, nous nous empressons de monter jusqu'au mirador dominant les ruines. Nous dépassons la plus part de nos prédécesseurs (un peu âgé certes) et nous serons les seconds à parvenir à la hutte funéraire qui domine toute la citadelle et sa mâchoire de montagnes protectrices. Quel bonheur et quelle émotion de contempler ce site vierge où règne une parfaite harmonie, une osmose totale entre une nature radieuse et accueillante et ses ruines apportant les délicates finitions au tableau coloré des verts plateaux en terrasse.

 

Nous restons plus d'une heure devant cette immense merveille jusqu'à ce que le brouhaha de touristes déversés par saccades ne vienne rompre le charme. Tout d'un coup un rayon de soleil éblouissant vient s'agripper au Waynapitchu, la montagne la plus haute du site, et est très vite rejoins par d'autres venant recouvrir progressivement le site et ajouter des couleurs or et noir à notre tableau vivant.

 

Sans plus attendre, nous nous dirigeons vers le chemin qui mène au Waynapitchu véritable pilier du site. Je pars en premier laissant Malou monter à son rythme. Limité à 400 visiteurs, je suis le 30e à gravir le col. Si le début de l'ascension prend des allures d'agréables promenades à travers une végétation luxuriante, elle se révèle très vite de l'ordre de l'alpinisme avec ses marches d'un mètre de haut à la verticale écrasé par le soleil de plomb ; décidément très sportif les incas ! Heureusement la récompense ne se fait pas attendre et les points de vue sur la citadelle dominant la vallée me transportent sans douleur à la cime du Waynapitchu.

 

Il est remarquable de constater que les Incas sont même aller jusqu'à ce sommet pour étendre leur forteresse. Je décide de rentrer par le chemin qui mène au temple de la lune et à la grande caverne en descendant l'autre versant de la montagne.

 

Après 40 minutes de descente physique dans la végétation luxuriante passant par des échelles en bambou à 30 barreaux, j'arrive au temple de la lune et à la grande caverne.

 

Rien de vraiment extraordinaire sauf peut-être le panneau « Retour » indiqué dans la direction dont je viens. Catastrophé et saisi d'effroi je me rends compte que les 2 versants ne communiquent pas et que je dois rebrousser chemin épuisé et assoiffé pour quitter ce maudit Waynapitchu. Après 1h15 de dure ascension, je parviens à sortir groggy de ce labyrinthe infernal et me précipite à l'entrée du site pour acheter une bouteille d'eau tant pis si elle coûte le prix d'un restaurant ! Alors que Malou rentre au village d'Agua Calientes, je passe l'après-midi à visiter les ruines incas.

 

Découvert en 1 920 par un archéologue américain qui emportera d'ailleurs tout l'or trouvé sur place aux États-Unis, le Matchu Pitchu n'a jamais été achevé par les incas et l'on suppose qu'il a été construit peu de temps après l'arrivée des espagnols dans le but de préserver leur culture. Il révèle pourtant toute la splendeur de la civilisation inca, sa technologie architecturale et son savoir astronomique. Ils observaient ainsi le soleil et le ciel étoilé à l'aide de petite cuve circulaire remplie d'eau leur servant de miroir. Je découvre le temple du soleil qui accueille les rayons de sa divinité, le temple du vent à mur ouvert (forcément), celui de condors et les canaux (ils fonctionnent toujours !!) où ruisselle l'eau de la montagne à proximité des bains royaux. Les temples et édifices cérémoniaux situés sur les hauteurs du Matchu Pitchu dénotent des bâtiments administratifs et des habitations en contre bas par la grande qualité des pierres bombées taillées et polies minutieusement.

 

En fin de journée alors que les couleurs s'adoucissent de velours à mesure que le soleil descend, je rentre à pied par le grand escalier à Aguas Calientes au bout de deux heures de marche, à bout de force.

 

J14 : Train à 5h30 du matin où nous profitons de la matinée pour visiter les ruines de Ollantataybo, la seule forteresse inca qui résisté aux espagnols et se couronna même d'une victoire écrasante les portant en déroute. Elle ne sera toutefois que de courte durée…

 

Nous rentrons ensuite à Cuzco où nous assistons à la fête Corpus Dei qui consiste en un défilé de chars représentant l'ensemble des saints portés à bout de bras.

 

Seul incident du voyage un voleur profitant de la foule entaille à l'aide d'un couteau la pochette ventrale de Malou qui contient ses billets d'argents et son passeport. Malou ressent alors un doigt frôler son ventre et s'aperçoit de l'agression. Elle crie de rage contre l'assaillant qui nie et finit par s'enfuir. Un bon réflex et une grande émotion !

 

J15 : Nous prenons un avion de bon matin pour Lima que nous visitons avant de rentrer le soir à Santiago. Lima est une grande ville pourvue de bâtiments coloniaux et polluée par les flux incessant de voitures et de microbus. A midi précise, nous assistons à la relève de la garde en grande fanfare au palais du gouvernement sur la place des armes où se trouvent également l'imposante cathédrale.

 

Nous visitons ensuite le musée de la Nation remarquablement précis et riche sur les civilisations pré-incas et incas depuis 12 000 ans avant JC. Nous passons en revue la culture Chavine du Nord du Pérou (-1 000 ans avant JC), Nazca et ses fameuses ligne parfaitement tracés dans la terre et représentant des animaux (200 avant JC), Moche et ses représentations en sculpture de positions sexuelles (200 après JC) et les Wari grand peuple guerrier. En fin d'après-midi nous partons pour un City Tour d'une heure pour avoir un aperçu du centre ville dans son ensemble.

 

Pour aller à l'aéroport nous prenons un microbus collectif 20 fois moins cher que le taxi et 20 fois plus dangereux par la même occasion. Nous sommes si entassés (un siège pour deux personnes) que cela en devient comique par moment lorsque vous portez une petite vielle sur vos genou. Le chauffeur nous trimballes à toute vitesse en se faufilant entre les files de la circulation chargée et en s'arrêtant brusquement dès qu'un passant lui fait signe.

Nous arrivons enfin à Santiago à 2h du matin puis ) Viña del Mar à 5h pour une journée de repos bien mérité avant l'arrivée de ma famille où un autre voyage tout aussi riche nous attend et qui fera l'objet de mon prochain article. Allez, je vous le dis, de toute façon vous le savez : Ilse de Pâques et le désert San Pedro d'Atacama.



Article ajouté le 2007-06-25 , consulté 1965 fois

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